Georges Clémenceau avait le coeur profondément ulcéré d'avoir été écarté de la Présidence de la République, après avoir été l'objet d'ovations indescriptibles au moment de l'armistice, et après avoir reçu le beau nom de "Père la Victoire". Certains parlementaires avaient craint que son caractère autoritaire le conduisit à l'Elysée. On lui avait préféré Paul DESCHANEL (11ème président de la République), devenant gâteux, qui, quatre mois après, lors d'un voyage présidentiel, se pencha par la fenêtre car il étouffait, tomba sur la voie sans qu'on s'en aperçut, et sans se faire de mal, car heureusement pour lui, le train roulait à faible allure (50 km/h).
Imaginez cette aventure : La surprise de sa suite trouvant son wagon vide, et celle du cantonnier André Radeau ouvrier cheminot, qui surveillait un chantier proche de l'incident, qui apercut cet homme en pyjama, suivant les rails en disant : Mon ami, cela va vous étonner, je suis le Président de la République, je suis le Président de la République".
Quant à Clémenceau, victime d'une telle ingratitude, il fût dégoûté des hommes, et vécut retiré dans son coin presque désert, sa "bicoque" de Bélébat à Saint-Vincent-sur-Jard, où il ne voyait que quelques amis et anciens collaborateurs : Tardieu, Mandel, Ignace, Piétri, Martet, etc. Il était exaspéré de voir que ses successeurs n'exigeaient pas l'application du Traité de Versailles, et que nous courions à la guerre.
A suivre......
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